jeudi 12 septembre 2019

Hors limite

Quelques piquets blancs chapeautés de noir ont fait leur apparition sur la partie gauche du nouveau trou N°18 (ancien N°9 Bois).



Ils matérialisent un hors limite interne qui a pour but d’empêcher ou au moins de dissuader les joueurs du trou N°18 de driver le fairway du N°1 Bois pour couper et avoir une approche plus aisée. La zone de réception se situant en plein axe de jeu du .N°1 Bois cette option de jeu était très dangereuse. 

Ce hors limite n'impacte pas le trou N°1 Bois, c'est pour cela que les piquets sont bi-colores pour les différencier des piquets de hors limite ordinaires.  Pour délimiter une zone entière, et précise, ce hors limite se raccorde sur les piquets blancs en limite de propriété sur la partie gauche du trou N°9 Bois (ancien N°18). A ces endroits, vous trouverez un double piquet. 


Sur ce trou N°18, un départ rouge et bleu sera aménagé en avant du départ actuel, pour une ouverture au printemps 2020. Par ailleurs, des plantations complémentaires viendront refermer l'espace libre de la trouée entre les deux bosquets qui séparent le N°1 Bois du N°18. Enfin une modification du dessin de tonte élargira la zone de réception sur la droite en donnant au trou un petit air de dog leg. Une poignée de joueurs ne sont pas impactés par cette nouvelle délimitation du trou, sur la gauche, dans la mesure où ils drivent le green.

mardi 3 septembre 2019

Relevé à l'humidimètre sur les greens


Un relevé d’humidité du sol des greens a été réalisé. L’outil utilisé est un humidimètre, qui mesure avec une grande précision l’humidité du sol. En outre, on peut également mesurer la température du sol, donnée importante en début de saison pour lancer les programmes de regarnissage par exemple.

L’intérêt de cette démarche est de faire une cartographie à un instant donné des divers cas de figures que l’on peut rencontrer sur notre parcours :

-    Exposition à l’ombre ou au soleil
-    Divers substrats
-    Présence de basidiomycètes (champignons du sol)
-    Problèmes de recoupement de certains arroseurs
-  Reliefs plus ou moins marqués sur certains greens   (pentes)
-    Présence ou non de racines d’arbres sous-jacentes

Les valeurs ont toutes été relevées le même jour pour avoir des données cohérentes d’un trou à l’autre selon les mêmes facteurs environnementaux (facteurs climatiques, facteurs édaphiques, facteurs biologiques). Les valeurs en elles- même importent peu pour la cartographie, ce qui importe c’est la différence qu’il peut y avoir d’un green à l’autre. Ces valeurs peuvent apporter, relevé après relevé, des informations sur l’impact des pratiques culturales, de la fertilisation (surtout les amendements) et des programmes (mouillants). Dès lors, il est facile d’adapter l’entretien, en intensifiant ou non les opérations d’aération, les programmes de mouillant, de fertilisation organiques (amendements ou engrais organiques, acides humiques ou fulviques) ou inorganiques (terre de diatomées, céramiques poreuses, zéolithe).

Les relevés ont été effectués selon un découpage des greens en 9 secteurs, devant, milieu et fond de green, à gauche, au centre et à droite. Une cartographie précise avec un code couleur permettra une meilleure visualisation, green par green, des diverses zones.

- Rouge : zone sèche
- Jaune : zone intermédiaire
- Vert : zone plus humide 


Enfin, les valeurs peuvent être utilisées comme une aide à la décision pour lancer ou non un arrosage, en particulier aux saisons intermédiaires (printemps ou automne). 


Aération et regarnissage des tees.


Comme pour les greens, un bon arrosage a été fait pour préparer la surface, surtout avec les conditions sèches qui règnent en ce moment. Une fertilisation pour booster le gazon avant l’opération a également été opérée, avec un engrais complet NPK (azote, phosphore et potasse). Une fraction de cet engrais est sous forme d’azote retard, qui se libérera dans les semaines à venir, juste au moment où le gazon du regarnissage en aura besoin pour s’installer durablement.

Les 27 départs, plus le départ sur herbe du practice, ont été aérés. Le but de cette opération est d’apporter de l’air aux racines, de favoriser la percolation de l’eau (de pluie ou d’arrosage) et de créer en surface de petits impacts pour recevoir les graines de gazon et lui offrir de bonnes conditions d’établissement.  

Des louchets pleins tronqués ont été choisis pour réaliser un poinçonnage de surface (diamètre 10 mm environ, profondeur 20 mm, 600 trous par m²). Pas d’extraction de matière cette fois-ci.  

Un regarnissage intégral avec un semoir en ligne (distribution gravitaire par rapport au semoir centrifuge) a été réalisé. Un mélange avec une forte proportion de ray-grass (installation rapide et résistance au trafic des joueurs) et un peu de fétuque rouge  (finesse du tapis et résistance aux conditions sèches). Un second regarnissage sur les plateaux les plus contraints (départs jaunes, certains départs blancs, et les départs décapés en 2018 avec le système KORO) sera effectué au regarnisseur avec du pâturin des prés dont le système racinaire offre un maillage dense, gage de résistance à l’arrachement. Il faut profiter d’un sol encore chaud pour réaliser ces regarnissages.    


Le sablage a été effectué avec notre sableuse tractée ProPass. Compte tenu de la taille et de la densité des trous, un apport de 2 litres par m² de sable 0/2 extra siliceux a été réalisé, la hauteur du brin sur les départs nous permet un sablage un peu plus conséquent que sur les greens, sans gêne pour le jeu ni pour l’entretien. Le sable protégera la graine lors de la phase de germination.


La brosse a été passée sur un sable bien sec pour le faire descendre dans les trous. Un Top Dressing (sablage de surface) de complément sera effectué d’ici 8 à 10 jours.  

Il reste à maintenir une humidité de surface pour favoriser la germination des graines puis l’enracinement des plantules.

mercredi 21 août 2019

Aération des greens



Les travaux préparatoires à l’aération sont un arrosage pour ameublir la surface et une petite fertilisation pour booster le gazon avant l’opération.

Les 27 greens plus les greens d’entrainement et les deux putting ont été aérés. Le but de cette opération est d’apporter de l’air aux racines, de favoriser la percolation de l’eau (de pluie ou de l’arrosage) et de limiter le développement du feutre. On profitera des trous d'aération pour apporter un  engrais et/ou un amendement.


Des louchets creux ont été choisis pour enlever une partie du sol qui est remplacée par du sable pur.

L’aérateur, équipé de louchets creux de 9 mm de diamètre, réalise environ 400 trous par m². La faible profondeur de travail (3 cm) nous permet d’enlever le feutre. La qualité du substrat est bonne, il n'est pas nécessaire de carotter trop profondément.  


Les bouchons sont soufflés en dehors du green, ils sont laissés dans le rough où ils se dégraderont sous quelques jours. L’opération est réalisée avec notre souffleur ProForce. La faible taille des carottes et l’utilisation du souffleur nous permettent de nous affranchir d’un ramassage long et fastidieux et ainsi de gagner beaucoup de temps.





















Un apport d’amendement inorganique de PermO2 Pore est effectué (600 kg/ha) pour stocker un peu d’humidité dans le sol et créer des conditions propices au développement des micro-organismes. Cette céramique poreuse est obtenue par la cuisson à ultra haute température d’argiles de qualité (Montmorillonite). Ce type de process de fabrication lui confère une densité de l’ordre de 0.4 à 0.5, due à la porosité, permettant de stocker de l’eau et/ou de l’air dans les pores des granules.


Un second apport de Matrix  est  appliqué (400 kg/ha) pour mettre à la disposition des micro-organismes des nutriments et leur proposer des conditions d'installation et de développement idéales. En effet,  le support de ce produit est un mélange de terre de diatomée et de zéolithe. Ces deux composants sont réputés pour leurs qualités hygroscopiques et leur structure alvéolaire qui, couplées à des extraits d’algues marines, en font un excellent support pour la vie microbienne. La zéolithe est un silicate d’alumine naturel fortement poreux qui a la faculté de se déshydrater puis de se réhydrater sans perdre ses qualités structurelles. La terre de diatomée, dioxyde de silicium, est un amendement à base de sédiments riches en fossiles d’algues.

Le sablage est réalisé avec notre sableuse tractée ProPass. Compte tenu de la taille des trous, un apport de 1 litre par m² de sable 0/2 extra siliceux est suffisant.

Le brossage est réalisé avec notre brosse maison, montée sur un râteau à bunker que nous avons équipé de pneus adaptés pour rouler sur les greens. Un léger temps d'attente après l'épandage, permet de brosser un sable bien sec pour le faire descendre dans les trous. Ces derniers sont petits, et il est difficile d’y faire pénétrer convenablement le sable. Cependant, notre programme de Top Dressing (sablage de surface) nous permet d’apporter régulièrement une faible quantité de sable en surface qui compensera les éventuels manques.

Demain, un petit regarnissage en agrostis stolonifère nous permettra de positionner la graine dans les impacts laissés par l’aération.  

Un bon arrosage pour finir le tout et récupérer sous 2 ou 3 jours des greens propres au jeu. 


dimanche 14 juillet 2019

Plantations sur le nouveau 18


Il y a quelques jours maintenant, nous avons réalisé la plantation de cinq sujets le long du 9 bois. Ces travaux ont 3 objectifs :

 - Délimiter visuellement le trou pour canaliser le jeu plus à droite
-- Éviter que des joueurs ne soient tentés de couper par le fairway du 1 bois, ce qui est dangereux pour les golfeurs  d’en face et perturbe la fluidité du jeu dès le premier trou.
-- Remplacer avantageusement les deux petits pins supprimés.

Ont ainsi été plantés :

1 Chêne à feuilles d'olivier (Quercus bivoniana)
2 Arbres à Perroquets (Parrotia persica)
1 Troène du Japon (Ligustrum japonicum)
1 Arbre de Judée  (Cercis siliquastrum)
 



La piètre qualité du sol, avec seulement quelques décimètres de ‘’terre arable’’ sur une formation schisteuse, trop  drainante et très  pauvre du point de vue agronomique, nous a obligé à prévoir des trous correctement dimensionnés et un apport de terre et de compost à base de fumier de bovin pour compenser.

Pour la plantation et le tuteurage, cela n’a pas été une sinécure. Un bon test a été réalisé dès le lendemain de la plantation avec le passage de la tempête Miguel et ses 98 Km /H en rafales.

Cet automne, une seconde tranche de plantations sera réalisée pour combler les espaces entre le fairway du 1 bois et celui du 9 bois (futur 18). La période sera bien plus adaptée à la plantation de végétaux. 
Comme dit l'adage, ‘’ à la Sainte Catherine, tout bois prend racine’’.

Pour le moment, et au regard des conditions particulièrement sèches (déficit de précipitations et vent de nord-est), un arrosage copieux et régulier est de mise surtout avec un aussi bon sous-sol...


Depuis le 1er juillet, une modification de l’organisation de certains trous a été opérée, avec la permutation des trois derniers trous (16, 17, 18) avec les 3 derniers trous du Bois. Sur le nouveau 18 (ancien 9 bois), le départ des hommes est déplacé au départ des dames, ces dernières joueront d’un départ avancé et décalé sur le coté droit qui sera créé dès cet hiver. Pour ouvrir le jeu, les deux petits pins qui se trouvaient dans l’axe des départs du 9 bois ont été supprimés. C'est pour compenser que nous avons réalisé les plantations. Sur le 16 (ancien 7 bois) un élagage important a été réalisé sur la partie droite, à hauteur de la retombée de drive. Les deux frênes situés sur le fairway ont reçu un rehaussement de couronne et une taille de formation. 

dimanche 30 juin 2019

Carpes vs Canicule


Une partie des carpes et des gardons du bassin du 10 n’ont pas supporté la météo de ces derniers jours. En effet, l’élévation de la température de l’eau ainsi que la baisse du niveau du bassin ont entraîné une accélération de l’eutrophisation du plan d’eau.
Carpe


L’eutrophisation est le phénomène naturel ou induit qui consiste à une augmentation de la concentration des matières carbonées ou azotées dans une eau stagnante. La concentration est due à une diminution de la vie microbienne à cause de la température et de la stagnation de l’eau, ce qui limite la transformation des déchets organiques en suspension et en particulier les déjections des poissons et les débris végétaux. La carpe qui par ailleurs se nourrit des éléments nutritifs contenus dans la vase, accélère le processus en mettant en suspension encore plus de matière organique en fouillant le fond. L’ensemble de ces mécanismes conduisent à une désoxygénation du milieu et la mort des poissons.  

Au contraire, dans le bassin du 8 bois, les poissons se portent très bien, la qualité de l’eau est meilleure. En effet, ce bassin est utilisé comme bassin de pompage, de ce fait, il est régulièrement réapprovisionné par le forage. L’eau ainsi rapportée limite la concentration en éléments carbonés et refroidit l’eau résiduelle du bassin.

Dans le milieu naturel, le mécanisme d’eutrophisation est la première étape vers la diminution de la taille des mares et étangs, puis la colonisation par des végétaux semi-aquatiques (roseaux, joncs, iris, jussie, acore, rubanier, carex etc) et enfin, à l’échelle géologique, création d’une tourbière.
Gardon

Un curage et un reprofilage du bassin du 8 bois seront effectués en fin d’année, suivis, à cette occasion, d'un empoissonnement avec des carpes pour digérer les vases, des carpes et des gardons pour consommer les plantes aquatiques (potamot, lentilles, sphaignes etc) et des carnassiers (black bass ou brochet) pour réguler la population de poissons blancs. Au printemps un épandage de Lithotame (carbonate de magnésie) a permis de floculer la matière organique en suspension et de la précipiter vers le fond.

Nos moyens d'action face à une telle situation restent limités, il n'y a plus qu'à espérer que ce type d'épisode caniculaire ne se reproduise pas trop fréquemment. 

vendredi 14 juin 2019

Matériel Acte VIII : L'aérateur


Voilà enfin notre aérateur automoteur 648 TORO.

Rapide et très maniable, cet outil est très simple d'utilisation. Une gamme de différentes profondeurs et un choix d'espacement des trous, variables selon le type d'opération souhaitée, sont déjà préréglés pour plus de simplicité et d'efficacité.

L'aération est un peu la bête noire du golfeur, en effet, les périodes idéales d’aération correspondent aux périodes idéales pour le jeu et donc pour les compétitions. Quoi de plus rageant que de voir les greens aérés ou décompactés 10 ou 15 jours après le Grand Prix !

En effet, en mai, juin ou septembre le sol est réchauffé, toute intervention mécanique se fera sur un gazon en bonne santé et avec l’assurance d’une cicatrisation beaucoup plus rapide. Par ailleurs, si l’opération est couplée avec un regarnissage, là encore la période est idéale (jours longs, température de l’air et du sol idéale). Malheureusement, pour des considérations commerciales, les opérations d’aération sont souvent décalées tôt (trop) ou tard (trop) en saison. Certains golfs aèrent en février ou en novembre, ce qui est inconcevable avec le cycle de la plante.

Si l’aération jouit donc d’une très mauvaise réputation auprès des golfeurs, c’est cependant une opération nécessaire.
  
Avec un bon matériel et des conditions météorologiques optimales, la gêne occasionnée par l’opération peut être minime.

Une fertilisation 8 à 10 jours avant l’aération permet de conditionner la plante avant l’opération.
Un léger verticut dans les jours qui précèdent est un plus pour uniformiser le tapis et mieux positionner le sable voire la semence.
Le jour de l’aération, le sol doit être humide sans excès.
Dans le cas d’un carottage, les carottes sont ramassées ou soufflées selon leur taille.


On n‘a pas souvent accès à ce qui se passe sous le gazon, on profite donc des trous d’aération pour positionner dans le sol les engrais (surtout le phosphore et la potasse, peu mobiles), les conditionneurs de sol (céramiques poreuses, terres de diatomées, zéolithe, charbon de bois), les amendements (matière organique), les  bio stimulants et bien sûr le sable destiné à l’amélioration de la porosité, pour favoriser la circulation de l’eau et de l’air entre les particules solides du sol.




Une brosse ou une grille (Drag Mat) est passée en surface pour faire pénétrer le sable dans les trous.
La quantité de sable varie en fonction de la profondeur de travail et du diamètre des trous réalisés.

Les différents types de louchets :

Le louchet creux : louchet de forme tubulaire qui aère le sol en extirpant des carottes de 6 à 25 mm de diamètre. Très utile pour décompresser les premiers centimètres et pour enlever une partie du feutre (accumulation de matière organique peu décomposée en surface).

Le louchet plein : pointe cylindrique qui aère le sol sans extirper de matière. À ne surtout pas utiliser en sol compacté. La pénétration dans le sol se fait en force et densifie les premiers centimètres. Diamètres de 6 à 25 mm. Des pointes ‘’aiguille’’ de moins de 6 mm de diamètre sont utilisées pour augmenter le nombre de passages sans occasionner de gêne pour le jeu. 
 
Le louchet à éjection latérale : louchet creux dont la partie intermédiaire est évidée pour limiter la formation de bouchon que l’on peut rencontrer dans les sols lourds ou en présence de racines. Les carottes sont plus émiettées. Très adapté pour les aérations de faible profondeur ayant pour but d'extirper le feutre.

La pointe en croix : pointe en forme de croix qui maximise la surface de contact avec l’air. Ce type de pointe permet d’apporter aux racines de l’air, de l’eau et des nutriments avec une gêne minime pour le jeu.

La pointe baïonnette : pointe terminée par une lame plate, elle permet d’apporter aux racines de l’air, de l’eau et des nutriments avec une gêne quasi inexistante pour le jeu.

Pour ce qui nous concerne, nous étions impatients de recevoir cette machine pour résoudre le problème de champignon du sol qui rend hygrophobe le sol contaminé. En effet les basidiomycètes ont la particularité de secréter des substances huileuses qui enveloppent les particules du sol et les rendent hygrophobes. Dès lors, le sol ne se ré-humecte pas et le gazon dépérit. Le green du 8 et l'arrière du 16 sont impactés par ce champignon. Intervenir sur ces deux greens était donc une priorité. Après l'aération, les carottes ont été ramassées et nous avons épandu du PermO2Pore, une céramique poreuse (issue de montmorillonite) cuite à ultra haute température. 
Permo2Pore

Ce traitement confère au produit une porosité très importante qui sera à même de stocker de l'air et de l'eau dans le sol. Les micro organismes tireront également partie de ces propriétés pour s'y loger. Nous avons également épandu  du Matrix, composé de terre diatomée, de carbonate de calcium, de matière organique et d'extraits d'algues marines. Un regarnissage avec un mélange d'agrostis stolonifère et d'agrostis tenuis a été réalisé. Un sablage de surface puis un arrosage copieux ont été effectués, en attendant la pluie pour mettre tout en place.  

L’aération des greens mais aussi des tees et des fairways lorsque c’est possible, est un mal nécessaire. Pour ne pas perturber trop le jeu, l’idéal est de multiplier les opérations légères, qui impactent peu ou pas la surface.

mardi 4 juin 2019

Matériel Acte VII Les tees


Parlons un peu de notre machine à départs qui est passée un peu inaperçue sur le blog, victime d'une livraison groupée, avec d'autres matériels. Nous avons reçu il y a quelques jours, notre machine à départs et tours de greens Toro. 


Jusque là, ce sont les tondeuses à fairways qui palliaient son absence.
Notre Reelmaster 3100 sidewinder est dotée d’un système de translation des unités de coupe pour les déporter sur la droite ou sur la gauche, pendant le travail. Cet équipement permet d’épouser au mieux les reliefs et les contours à tondre. D'une largeur de 180 cm, elle est réglée à 10 mm de hauteur et épaulera la tondeuse à fairways sur les tours de green. 

Par ailleurs, la tonte au carrée antérieurement pratiquée, est abandonnée au profit d’un design plus classique, avec des contours arrondis. Intérêt de ce changement, gain de surface de départ en épousant au plus juste la forme ovale des plateaux et gain de temps de tonte avec moins de manœuvres à effectuer sur chaque plateau. 



vendredi 3 mai 2019

Le matériel Acte VI : La sableuse


Notre sableuse tractée ProPass 200 TORO est à pied d’œuvre.

Le ProPass est attelé derrière un tracteur et muni de 4 roues sur le même essieu pour limiter la pression au sol. Le système de distribution est équipé d'un double disque à l'arrière pour une meilleure répartition et d'un fond mouvant pour convoyer le sable. La largeur de travail varie entre 3 et 10 mètres selon les réglages. 

Les trois tâches qui lui seront dévolues tout au long de l’année sont :

Les Top-Dressing : Ces sablages légers et fréquents ont pour but d’uniformiser la surface des greens. Le sable, apporté en petite quantité, se positionne au niveau du collet de la plante, assainissant la surface, nivelant les imperfections de surface et raffermissant le premier centimètre. Par ailleurs, cet environnement où circulent librement l’eau et l’air, permet aux micro-organismes de dégrader le feutre. Le sable utilisé doit être  extra siliceux, d’un pH neutre ou légèrement acide et sa granulométrie comprise entre 200 microns et 1,5 mm. Des éléments trop fins colmateraient à terme la surface du green, limitant la circulation de l’eau et de l’air dans le ‘’Top Soil’’, des éléments trop grossiers formeraient un sol instable, trop drainant, favorable au cisaillement des racines. Par ailleurs, les  éléments des tondeuses seraient soumis à une abrasion trop importante. Les quantités apportées varient de 0,1 litres à 1 litre par m² derrière une opération mécanique de surface (spike, verticutt, microaération etc). La fréquence est variable avec la saison, plus les Top-Dressing sont fréquents plus ils peuvent être légers.

Les quantités appliquées sont de l'ordre de 2 à 3 m3  sur l’ensemble des greens pour les opérations les plus légères.

Les sablages : Le terme de sablage est plutôt destiné aux épandages plus importants qui suivent les opérations mécaniques de profondeur telles que les aérations à louchets (creux ou pleins), les décompactages (broches), les défeutrages importants (type Sisis ou Graden). Le sable utilisé doit être  extra siliceux, d’un pH neutre ou légèrement acide et sa granulométrie comprise entre 500 microns et 2 mm. La fréquence des sablages est directement liée au nombre d'opérations mécaniques. Les quantités apportées varient de 1,5 à 3 litres par m². Dans le cas du décompactage, le sablage est effectué avant le passage de l’aérateur pour ne pas rouler sur la surface ameublie. Contrairement au Top-Dressing léger, le sablage est suivi d’un brossage pour faire pénétrer le sable dans les trous.

La fertilisation des fairways et des roughs : Le système à double assiette à l’arrière de l’épandeur est également bien adapté à l’épandage d’engrais solide sur les grandes surfaces. Deux à trois fois par an, sur les fairways, la fertilisation est appliquée pour apporter au gazon les éléments nutritifs dont il a besoin pour sa croissance. Le but est de densifier le tapis pour améliorer le ‘’lie’’ de la balle et limiter le développement des adventices et de la mousse. Ponctuellement, les zones de rough les plus pauvres peuvent recevoir un petit coup de ‘’pousse’’.  




lundi 29 avril 2019

Matériel Acte V : Le regarnissage


Nous venons de recevoir notre regarnisseur à pointes Speed Seed de marque Redexim.


Cet outil de 1,60m est attelé derrière un tracteur et peut être utilisé soit en regarnissage soit en spike seul, sans semence.
Le kit de pointes supplémentaires sur le rouleau arrière, permet de doubler le nombre d’impacts au m², en passant de 990 trous/m² à 1980 trous/m².


La graine tombe par gravité, distribuée par la trémie, dont on règle l’ouverture et la vitesse d’agitation selon la taille de la graine et la quantité souhaitée au m² (pignon cranté). La vitesse de travail peut atteindre 12 km/h.


Pour les graines fines (agrostis tenuis, agrostis stolonifère voire pâturin commun), pour le regarnissage des greens, on sèmera entre 2 et 4 grammes par m², c’est largement suffisant. Le nombre important de graines au gramme (de 14000 à 16000) permet de compenser les pertes rencontrées lors du semis (graines qui ne germeront pas ou qui seront endommagées après la germination, jeunes pousses  consommées par les animaux, accidents climatiques, piétinement, passage des machines,...).

Pour  les graines plus grossières (Ray Grass, fétuques rouges, pâturin des prés), pour le regarnissage des autres zones du parcours, on sèmera entre 8 et 30 grammes par m².  
Les semences, avec leur patrimoine génétique, doivent apporter un coup de jeune à la composition floristique actuelle. Cet apport de nouvelles variétés moins gourmandes en eau, moins sensibles aux maladies et adaptées à un entretien intensif, vise une densification du tapis et une uniformisation des surfaces. Les regarnissages ne montrent réellement leur potentiel que plusieurs mois plus tard, le temps que la graine germe et soit clairement visible dans le tapis existant.
La température du sol pour le regarnissage doit être de 10°C pour l’agrostis tenuis et de 12 à 15°C minimum pour l’agrostis stolonifère. Ces plantes doivent être semées en jours longs, pour bénéficier du maximum de chaleur et de lumière. Un "semi tardif" germera mais ne donnera sa pleine expression que l’année d’après.
Le catalogue officiel des graminées à gazon compile toutes les caractéristiques des variétés. La notation attribuée permet de choisir en fonction de ses priorités : résistance à la sécheresse ou aux maladies, couleur, vitesse d’implantation, densité, pérennité, etc.

Nous avons un programme ambitieux cette année : 4 regarnissages sur les greens, avec de l’agrostis tenuis et de l’agrostis stolonifère en mélange, et 2 sur les départs, avec du Ray grass anglais et des fétuques rouges.

mardi 16 avril 2019

Quand le golf rime avec développement durable


Le Golf de Caen est, depuis plusieurs années, engagé dans une démarche éco responsable, à ce titre la Fédération Française de Golf doit prochainement nous décerner le Label  ‘’Golf pour la Biodiversité’’. Le Golf devrait recevoir le kit de communication en lien avec ce label.



Nos objectifs : Réduire la consommation d’engrais chimiques et de produits de traitement, avoir une gestion de l’eau avisée, améliorer la biodiversité par des pratiques culturales respectueuses de la faune et de la flore conjointement à la mise en place de mesures propres à favoriser l’habitat des espèces endémiques. 

Le but de réduire fortement, voire supprimer (là où c’est possible), l’apport de produits de traitement, nous conduit à revoir complètement notre approche de la fertilisation et de la gestion des parasites. Nous allons intensifier l’entretien et en particulier les apports par pulvérisation de produits naturels (peu et souvent). 


Rien d’étonnant donc si les greens ou les tees sentent la garrigue (huiles essentielles ou décoctions de plantes) ou le bord de mer (algues marines).


Préserver le milieu, préserver les jardiniers et les golfeurs, préserver le gazon, c'est le défi de demain.


Les trois axes de travail :

1]  La pulvérisation d’engrais foliaire pour nourrir le gazon. On lui apporte de façon directe, en s’affranchissant du passage par le sol, les éléments fertilisants majeurs dont il a besoin :  N (azote) P (phosphore) K (potasse), les éléments secondaires : magnésie, calcium, soufre, et les oligo-éléments : fer, manganèse, zinc, cuivre, bore, molybdène.




2] La pulvérisation d’engrais racinaire pour corriger les carences du sol et les blocages d’éléments fertilisants dus au pH de l’eau et à la concentration en calcium du sol. Ces apports servent à libérer de la place sur le ‘’mille-feuilles’’ du sol pour y stocker les éléments fertilisants et les oligo-éléments.

3] Les pulvérisations biologiques ayant deux buts :

Ø Un but agronomique pour activer la vie microbienne du sol et renforcer les défenses de la plante.


   Cela se fait à partir d’apports de SDN (Stimulateurs de Défenses Naturelles), c'est-à-dire des composés humiques, des hormones de croissance, des sucres (mélasse de canne ou de betterave), des extraits d' algues, des décoctions de plantes, des huiles essentielles qui renforcent simplement la plante ou lui envoient des signaux chimiques pour la faire entrer en mode résistance.  

Ø Un but prophylactique en agissant sur les maladies pour avoir le moins possible recours aux traitements fongicides. Pour cela on utilise de bonnes bactéries, pour la rhizosphère (pseudomonas, bacillus, entérobactéries par exemple) ou des champignons saprophytes (trichodermas par exemple). Certains de ces champignons ont un effet bénéfique direct grâce à leur relation symbiotique avec le système radiculaire du gazon. Mais d’une manière plus générale, on utilisera leur potentiel soit pour parasiter de manière ciblée le champignon pathogène, en l’investissant (mycoparasitisme) et/ou en le détruisant à distance (antibiose), soit pour coloniser les espaces du sol que le pathogène aurait cherché à occuper et utiliser ses sources de nutrition. Les deux modes de lutte sont à mener en parallèle.


En ce qui concerne les insectes ravageurs (tipules, taupins, noctuelles, hannetons), les insecticides sont interdits depuis de nombreuses années, la prophylaxie ne peut passer que par la lutte biologique.

o Parasitisme des ravageurs avec des champignons ou des bactéries entomopathogènes ou des nématodes entomophages. 
o Utilisation de répulsifs à base de décoction de plantes ou d’huiles essentielles.
Implantation de nichoirs pour favoriser l’installation d’oiseaux ou de chauve-souris qui vont réguler les populations des ravageurs.

Coincé entre empreinte carbone et qualité des parcours, entre réchauffement climatique et vitesse des greens, protection de l’environnement et Ryder Cup, le golf français fait sa mue.

Le Golf de Caen la Mer entre dans une nouvelle ère pour le bien de tous, le beau et le durable.